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6ème vague de l’Observatoire Social de l’Entreprise : Désindustrialisation et réindustrialisation




La sixième vague de l’Observatoire Social de l’Entreprise, réalisé par Ipsos et le CESI en partenariat avec Le Figaro, se focalise cette année sur le thème de la désindustrialisation et de la réindustrialisation.
 

Comment chefs d’entreprise et salariés perçoivent-ils la situation de l’industrie française aujourd’hui ? Pensent-ils que ce secteur a la capacité de rebondir ? Quels sont selon eux ses principaux atouts ?
Dans ce contexte, la délocalisation apparaît-elle comme un danger ou une opportunité ? Les chefs d’entreprise envisagent-ils de délocaliser tout ou partie de leurs activités hors de France ? Pour quelles raisons le feraient-ils ou ne le feraient-ils pas ? Et les salariés, redoutent-ils de voir un jour leur fonction délocalisée ? Appellent-ils de leurs vœux une législation plus contraignante dans le domaine ?
 
Comme chaque année, 400 chefs d’entreprise et 1000 salariés du secteur privé ont été interrogés, respectivement par téléphone et internet. Mais compte tenu du sujet, Ipsos a également réalisé des interviews supplémentaires auprès de salariés et des chefs d’entreprise travaillant dans le secteur industriel, afin d’étudier plus précisément le point de vue des personnes directement concernées par le sujet.
 
Volet barométrique : légère amélioration du moral des salariés et des chefs d’entreprise
 
Des perspectives économiques un peu moins sombres : une phase de stabilisation
 
Après s’être illustrés par un fort pessimisme en 2012, salariés comme chefs d’entreprises se montrent moins inquiets cette année lorsqu’il s’agit de se prononcer sur les perspectives économiques de leur entreprise dans les 6 mois à venir : 31% des dirigeants (-12 points depuis 2012) et 19% des salariés (-8 points) anticipent une baisse d’activité.
 
La majorité des chefs d’entreprise (54% ; +11 points) et des salariés (53% ; +7 points) tablent désormais sur une stabilité des carnets de commande,tandis qu’ils sont toujours aussi peu nombreux à escompter une croissance de leur activité (11% des dirigeants, 28% des salariés, toujours plus optimistes que leurs patrons sur ce sujet). Si l’embellie du moral des chefs d’entreprise et des salariés est réelle, elle ne doit pas être interprétée comme une inversion de la tendance pessimiste observée depuis 2009. La situation ne s’aggrave plus, elle est aujourd’hui stabilisée.  
 
Ces résultats traduisent une certaine résignation chez les interviewés, qui ont de plus en plus l’impression de vivre dans un monde structurellement en crise. Ainsi, ils ne cessent de repousser la date à laquelle ils pensent percevoir une reprise économique dans leur secteur d’activité : dans la lignée de ce qu’ils disaient déjà l’année dernière, les salariés pensent que cela pourrait arriver d’ici 11 mois en moyenne, tandis que les dirigeants se montrent encore plus fatalistes en estimant que la sortie de crise dans leur secteur d’activité ne pourrait pas intervenir avant 2 ans et demi en moyenne (31 mois), soit la plus lointaine échéance jamais évoquée par ces derniers jusqu’à présent. Notons que les dirigeants d’entreprise de plus de 250 salariés voient la reprise intervenir un peu plus rapidement (19 mois).
Un état d’esprit un peu plus positif
 
Cet état d’esprit un peu plus positif se retrouve également sur un certain nombre d’indicateurs détaillés relatifs à la santé économique de l’entreprise. Ainsi, après s’être illustrés par un pessimisme plus important lors de la précédente vague, les salariés se montrent cette fois-ci un peu plus confiants en ce qui concerne le développement économique du secteur d’activité de leur entreprise (55% ; +7), la possibilité de bénéficier de formations (50% ; +3), la capacité à embaucher de leur entreprise (35% ; +4) ou encore l’augmentation de leur salaire ou de leur pouvoir d’achat (21% ; +3), même si sur ces deux derniers sujets, l’optimisme reste très minoritaire.
 
Les chefs d’entreprise font preuve aussi d’une confiance un peu plus marquée sur ces sujets, même si c’est de manière beaucoup plus modérée :43% se disent ainsi optimistes en ce qui concerne la possibilité d’offrir des formations à leurs salariés (+3), 36% en ce qui concerne le développement économique de leur entité (+2) et 22% à propos de l’augmentation des salaires ou du pouvoir d’achat (+6). Le pessimisme reste très majoritaire malgré tout.
 
La perception de la situation au sein de l’entreprise s’améliore également
 
Après s’être fortement dégradée lors de la précédente vague, la perception qu’ont les chefs d’entreprise de la situation au sein de leur structure s’améliore nettement. Encore plus unanimes qu’à l’accoutumé à propos de la qualité des relations entre salariés et supérieurs hiérarchiques directs (96% ; +3), ils estiment très largement que la situation est bonne en ce qui concerne le climat social en général (79% ; +6), les rémunérations (73% ; +8) ou la charge de travail (72% ; +3).
 
Comme on l’observe chaque année, les salariés sont moins enthousiastes que leurs patrons sur le sujet, notamment en ce qui concerne les rémunérations (45% ; -2) et la charge de travail (54% ; stable). En revanche, eux aussi dessinent un tableau majoritairement positif de la situation en ce qui concerne les relations entre salariés et supérieurs hiérarchiques directs (74% ; -1) ou le climat social en général (57% ; +1). D’ailleurs, l’intention de participer à un mouvement social éventuel n’évolue guère depuis la précédente vague : la moitié serait prête à participer (49% ; +2), l’autre moitié ne le souhaiterait pas (51% ; -1). La relative stabilité de cet indicateur depuis quelques années pose la question du potentiel de mobilisation des salariés dans un contexte de crise : sont-ils encore prêts à faire grève ou manifester ? Il sera intéressant de voir comment les réponses évoluent à l’avenir.
 
L’inquiétude à l’égard de l’emploi marque le pas au profit d’une attention accrue portée au niveau de salaire
 
L’emploi reste un sujet de préoccupation majeur des salariés comme des chefs d’entreprise, mais les interviewés semblent un peu moins inquiets qu’il y a un an sur ce sujet. Ainsi, même si c’est dans des proportions relativement faibles par rapport à ce que l’on pouvait observer dans le baromètre entre 2009 et 2001, une grande majorité des salariés (73% ; -1) et des chefs d’entreprise (59% ; stable) restent confiants sur le sujet pour les 6 mois à venir. Par ailleurs, la situation de leur entreprise dans ce domaine leur paraît moins critique qu’il y a un an : 57% des dirigeants (+9) et 65% des salariés (+2) estiment qu’elle est plutôt bonne.
 
Les salariés semblent désormais se focaliser davantage sur leur rémunérationet donc leur pouvoir d’achat. C’est le sujet sur lequel ils estiment que la situation au sein de leur entreprise est la moins bonne. Surtout, c’est désormais leur principale préoccupation professionnelle pour les 6 prochains mois (33% ; +4), devant l’emploi qui recule de 2 points (28%).
 
Les salariés n’avaient jamais placé le salaire aussi haut dans la hiérarchie de leur préoccupation depuis que ce baromètre existe.L’attention portée aux salaires est particulièrement importante chez les cadres, les personnes exerçant une profession intermédiaire ou les employés. En revanche, les ouvriers se distinguent des autres salariés : leur principale préoccupation professionnelle reste l’emploi (37%), devant le salaire (34%). Les interviewés ne raisonnent également pas de la même manière selon la taille d’entreprise dans laquelle ils travaillent : le niveau de salaire est ainsi la principale inquiétude des salariés d’entreprises de plus de 500 salariés, tandis que celles employées dans des structures de taille plus petite sont beaucoup plus partagées entre emploi et niveau de rémunération.
 
Volet thématique : désindustrialisation et réindustrialisation
 
Des inquiétudes plus fortes chez les salariés travaillant dans le secteur industriel : risques de chômage et de délocalisation, climat social tendu
 
De manière générale, les salariés travaillant dans le secteur industriel font preuve d’une confiance plus modérée que la moyenne sur la plupart des indicateurs barométriques précédemment évoqués.
 
Ainsi, un quart d’entre eux (24%) anticipent une baisse d’activité de leur entreprise dans les 6 mois à venir, contre 19% des salariés dans leur ensemble. Ils ont également tendance à repousser la reprise économique à une date un peu plus lointaine (12,5 mois contre 11 mois en moyenne).
 
Surtout, la question de l’emploi les taraude davantage: c’est leur principale préoccupation professionnelle pour les années à venir (32%), devant le salaire (27%), notamment chez les ouvriers. S’ils se montrent globalement confiants dans la capacité de leur entreprise à maintenir l’emploi dans les prochains mois, c’est de manière moins prononcée que les salariés dans leur ensemble (69% contre 73%). De même, la situation de leur entité sur le sujet leur paraît un peu moins bonne (59% contre 65% en moyenne). Dès lors, leur perception du climat social est moins positive : 49% le jugent bon dans leur entreprise, contre 57% des salariés dans leur ensemble.
 
L’angoisse de la délocalisation est par ailleurs beaucoup plus prononcée chez ces salariés : la moitié d’entre eux estime que leur entreprise est concernée, soit parce que selon eux elle y a déjà eu recours (30%) soit parce qu’elle y songe (20%). Ces résultats sont très différents de ceux observés chez les salariés dans leur ensemble, pour qui la délocalisation n’est une option réalisée ou envisagée par leur entreprise que pour 28% d’entre eux. Dès lors, 40% des personnes travaillant dans le secteur industriel estiment que la fonction qu’ils occupent actuellement pourrait être délocalisée, contre seulement 24% des salariés dans leur ensemble. Les ouvriers (46%) et les personnes travaillant dans des entreprises de grande taille (46%) sont encore plus convaincues qu’elles risquent un jour de voir leur poste disparaître à l’étranger.
 
Cette angoisse est d’autant plus forte que la délocalisation paraît motivée aux yeux d’une large majorité de salariés du secteur de l’industrie (70%) par des raisons essentiellement financières et non économiques. Ce constat est d’ailleurs partagé l’ensemble des salariés (69%). L’image de la délocalisation est tellement mauvaise qu’une très large majorité de salariés (82%) souhaiterait idéalement qu’on les interdise purement et simplement, même si 49% reconnaissent que cela serait impossible à mettre en place. Ce souhait est encore plus prononcé chez les personnes travaillant dans le secteur industriel (86%), le caractère difficilement réalisable d’une telle mesure étant tout aussi partagé. Seuls les cadres se montrent un peu moins favorables à cette idée (69%), mais l’assentiment demeure majoritaire, notamment chez ceux qui travaillent dans le secteur industriel (74%).
 
A l’inverse, les chefs d’entreprise du secteur industriel se montrent plus confiants
 
Si les salariés travaillant dans le secteur industriel sont globalement plus inquiets que la moyenne, les dirigeants de ce secteur s’illustrent au contraire par une confiance plus marquée que celle des chefs d’entreprise dans leur ensemble.
 
Ainsi, même si eux aussi anticipent surtout une stabilité de leur carnet de commande, ils sont plus nombreux à prévoir une croissance de leur activité dans les 6 prochains mois (18% contre 11%). D’ailleurs, la moitié se dit optimiste sur le développement économique de leur secteur d’activité (46% contre 36% des dirigeants dans leur ensemble) et la reprise économique leur semble un peu moins lointaine (26,5 mois contre 31 mois). Surtout, ils sont plus confiants sur la question du maintien de l’emploi dans leur entreprise (72% contre 59% des chefs d’entreprise dans leur ensemble.
 
En revanche, leurs réponses sont similaires à la moyenne en ce qui concerne la perception de la situation interne de leur propre entité : c’est donc bien en termes de confiance dans l’avenir qu’ils se distinguent.  
 
Le principe même de la délocalisation est contraire aux principes d’une majorité de chefs d’entreprise : près de 2 patrons sur 10 avouent toutefois avoir déjà sauté le pas ou être tenté de le faire
 
La délocalisation ne leur apparaît pas comme une solution « miracle » qu’ils envisagent facilement, comme peuvent le croire les salariés. Pour 68% d’entre eux, c’est une option qu’ils se refusent à prendre car « c’est contraire à leurs principes ». C’est du reste une position partagée par l’ensemble des chefs d’entreprise (66%). Dans la réalité, 18% des dirigeants l’ont déjà fait ou y songent (sans évolution majeure depuis l’année dernière), une proportion qui monte à 24% chez les entreprises du secteur industriel.
 
Dans le détail, les dirigeants qui y songent ou l’ont déjà fait, sont principalement séduits par le fait d’éviter les lourdeurs administratives et la possibilité de bénéficier d’une fiscalité plus avantageuse, des motifs qui parlent également aux dirigeants du secteur industriel, mais moins que le fait de diminuer les coûts de production (première motivation chez ces derniers). Ceux qui n’envisagent pas de délocaliser tout ou partie de leur activité insistent quant à eux sur l’impossibilité de le faire mais aussi sur leur attachement à la France ou à une région. En d’autres termes, les chefs d’entreprise, du moins dans leurs dires, sont loin d’être massivement séduits par cette opportunité, y compris dans le secteur industriel. On peut toutefois se demander dans quelle mesure ces réticences sont pérennes, dans la mesure où les arguments pragmatiques comme la crainte de ne pas retrouver ailleurs le même niveau de qualité et de compétence ou encore le risque que la diminution des coûts ne soit pas aussi intéressante qu’il n’y paraît sont aujourd’hui moins forts dans leur esprit que le sentiment d’attachement à la France ou à sa région. L’argument « sentiment » peut sembler plus fragile que les arguments « économiques ».
 
Des interrogations sur la capacité du secteur industriel français à se redresser : une majorité de salariés et de patrons estiment que notre âge d’or est derrière nous
 
L’avenir du secteur industriel français est une question épineuse qui fait l’objet de nombreux débats et force est de constater que le sujet ne fait guère consensus non plus chez les salariés et les chefs d’entreprise. Les premiers sont très partagés, 52% pensant que l’âge d’or de l’industrie française est derrière nous et 48% estimant au contraire que l’industrie française a les moyens de se redresser. Les personnes directement concernées car elles travaillent dans ce secteur, sont à peine plus optimistes : seule une petite majorité de salariés de l’industrie (53%) considère que le secteur a encore les moyens de se redresser, notamment les cadres et les personnes exerçant une profession intermédiaire. Mais 47% pensent le contraire, notamment les ouvriers qui se montrent plus partagés, voire défaitistes. 
 
Les chefs d’entreprise ne sont pas unanimes non plus sur le sujet, mais ils sont moins partagés – et en l’occurrence, plus pessimistes : 60% considèrent que l’âge d’or de l’industrie est derrière nous, 37% que ce secteur a encore les moyens de rebondir. En revanche, ceux travaillant dans le secteur industriel sont plus partagés, et donc in fine plus optimistes : 47% croient dans l’avenir de l’industrie et 51% n’y croient plus vraiment.
 
Tous s’accordent toutefois pour mettre en avant le savoir-faire français dans ses secteurs de pointe,qui constitue pour toutes les cibles le principal atout sur lequel la France peut s’appuyer pour permettre à son industrie de se développer ou pour attirer des entreprises étrangères sur son territoire. Ce sujet est ainsi mis en avant par 73% des chefs d’entreprise et 66% des salariés. La main d’œuvre qualifiée (citée par respectivement 39% des dirigeants et 52% des salariés) est également un atout de taille selon les interviewés, notamment pour les salariés du secteur industriel (60%) qui placent ce sujet quasiment au même niveau que le savoir-faire français. La R&D, la qualité des infrastructures et la situation géographique sont un peu moins valorisées, à l’exception de ce dernier point souligné par davantage de chefs d’entreprise du secteur industriel (32% contre 21% en moyenne).
 
 
 

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